POV BILL
A travers le flou de mes larmes, j'ai aperçu Tom. Il est agenouillé par terre. Il vomit, je crois.
C'est tout ce que mes pleurs lui inspirent ? Pfff....
Je bascule avec difficulté sur le côté du lit et appui sur le bouton pour appeler l'infirmière. Je le méprise, mais on ne peut pas le laisser comme ça dans un hôpital.
Ce serait inhumain. Mais ne l'est-il pas, lui ? Bah ! Quelle importance ? C'est ma chambre, je ne veux pas de vomi à l'intérieur. C'est dégoutant.
Lorsque l'infirmière arrive, elle ne comprend pas le spectacle. Elle ne comprend rien.
Je suis là, assis sur mon lit, agrippant de mes poings des draps trempés de larmes, la tête baissée et le visage caché par des cheveux humides. A côté de moi un adolescent, penché au sol, vomissant et tremblant de tous ses membres.
Quelque peu troublant, non ?
- Mais...mon dieu mais....que c'est-il passé ici ?
- Rien.
Mon ton était froid et dure, cassant, lui intimant implicitement l'ordre de ne pas en demander d'avantage.
Je ne pu la fusiller du regard car mon visage était recouvert de mes cheveux, et que je ne tenais absolument pas a ce qu'elle me voit.
- Je ...je....je vous envoi quelqu'un. Toi, dit-elle en désignant Tom, tu devrais aller chez le médecin. En attendant, je vais te trouver un lit pour que tu te reposes, et je vais t'apporter une bassine. Tu as l'air vraiment fiévreux. Toi, me montrant ensuite du doigt, je sais pourquoi tu es là. Je vais m'arranger pour qu'on te donne des antidépresseurs.
- Non. Je n'ai pas besoin de ça.
- Moi non plus, je vais rentrer chez moi et attendre que ça passe.
- Vous êtes sûres ? Bill, c'est ton frère ? Tu devrais lui dire de prévenir ta mère que...
- Non ! Non ce n'est pas mon frère
- Ah. Excusez-moi. C'est que vous vous ressemblez beaucoup, c'est pour ça. Mais je crois qu'il vaudrait mieux que tu sois sous médicaments. Je t'assure, tu iras bien après. Toi, tu rentres chez toi plus vite que ça et tu te soignes bien. Si je te vois arriver ici demain ou dans un futur proche, je te garantis que tu auras à faire à moi. Je reviens.
Puis elle s'en alla. Je fermai les yeux, soufflai un coup, puis détendis mes muscles.
Des antidépresseurs, et puis quoi encore ? Ca revient a de la drogue. Mais je ne veux pas être dépendant, et surtout, je ne veux pas que l'on m'aide. C'est trop tard. Je suis une coquille vide dénuée d'émotions, et ce n'est pas un cachet qui va changer les choses. Je veux mourir. Seule solution envisageable, seule alternative possible.
Tom est rentré chez lui. Chez nous.
Non.
Tom est bien rentré chez lui et je ne suis qu'un colocataire. Un colocataire malchanceux.
Les minutes défilent, les heures passent, les journées se succèdent. Tom n'est pas revenu me voir depuis...ce jour là.
Mais demain...demain je sors d'ici. Demain je vais chez lui, demain je meurs. Sauf que cette fois, je ne me raterai pas.
Comme je m'y attendais, Tom est revenu, cet après-midi.
- Ca va mieux ?
- Va te faire foutre.
- Je...
- Va te faire foutre, j'ai dit. Je prépare très bien mes affaires seule, tu reviendras me chercher demain.
- Mais...
- Fais ce que je t'ai dit.
Il soupire. A parce-que c'est moi qui suis le méchant, dans l'histoire ?
- Ecoutes. Tu n'es pas obligé de venir. Tu peux très bien aller dans l'orphelinat si tu préfère, mais c'est seulement ma condition pour que tu viennes habiter chez moi. A prendre ou à laisser. Maintenant, si tu prends, tu assumes. Il vaut mieux que l'on cohabite en paix, même dans une légère tension, que dans une situation ou l'un ne peut plus ouvrir la bouche sans que l'autre l'insulte. Alors, ou tu te calmes, ou direction l'orphelinat.
Il a raison, au fond. Je suis bête. C'est à mon tour de soupirer. Nous sommes impossibles exactement au même niveau, lui et moi. Ma vie avec lui promet d'être une expérience....spéciale.
A travers le flou de mes larmes, j'ai aperçu Tom. Il est agenouillé par terre. Il vomit, je crois.
C'est tout ce que mes pleurs lui inspirent ? Pfff....
Je bascule avec difficulté sur le côté du lit et appui sur le bouton pour appeler l'infirmière. Je le méprise, mais on ne peut pas le laisser comme ça dans un hôpital.
Ce serait inhumain. Mais ne l'est-il pas, lui ? Bah ! Quelle importance ? C'est ma chambre, je ne veux pas de vomi à l'intérieur. C'est dégoutant.
Lorsque l'infirmière arrive, elle ne comprend pas le spectacle. Elle ne comprend rien.
Je suis là, assis sur mon lit, agrippant de mes poings des draps trempés de larmes, la tête baissée et le visage caché par des cheveux humides. A côté de moi un adolescent, penché au sol, vomissant et tremblant de tous ses membres.
Quelque peu troublant, non ?
- Mais...mon dieu mais....que c'est-il passé ici ?
- Rien.
Mon ton était froid et dure, cassant, lui intimant implicitement l'ordre de ne pas en demander d'avantage.
Je ne pu la fusiller du regard car mon visage était recouvert de mes cheveux, et que je ne tenais absolument pas a ce qu'elle me voit.
- Je ...je....je vous envoi quelqu'un. Toi, dit-elle en désignant Tom, tu devrais aller chez le médecin. En attendant, je vais te trouver un lit pour que tu te reposes, et je vais t'apporter une bassine. Tu as l'air vraiment fiévreux. Toi, me montrant ensuite du doigt, je sais pourquoi tu es là. Je vais m'arranger pour qu'on te donne des antidépresseurs.
- Non. Je n'ai pas besoin de ça.
- Moi non plus, je vais rentrer chez moi et attendre que ça passe.
- Vous êtes sûres ? Bill, c'est ton frère ? Tu devrais lui dire de prévenir ta mère que...
- Non ! Non ce n'est pas mon frère
- Ah. Excusez-moi. C'est que vous vous ressemblez beaucoup, c'est pour ça. Mais je crois qu'il vaudrait mieux que tu sois sous médicaments. Je t'assure, tu iras bien après. Toi, tu rentres chez toi plus vite que ça et tu te soignes bien. Si je te vois arriver ici demain ou dans un futur proche, je te garantis que tu auras à faire à moi. Je reviens.
Puis elle s'en alla. Je fermai les yeux, soufflai un coup, puis détendis mes muscles.
Des antidépresseurs, et puis quoi encore ? Ca revient a de la drogue. Mais je ne veux pas être dépendant, et surtout, je ne veux pas que l'on m'aide. C'est trop tard. Je suis une coquille vide dénuée d'émotions, et ce n'est pas un cachet qui va changer les choses. Je veux mourir. Seule solution envisageable, seule alternative possible.
Tom est rentré chez lui. Chez nous.
Non.
Tom est bien rentré chez lui et je ne suis qu'un colocataire. Un colocataire malchanceux.
Les minutes défilent, les heures passent, les journées se succèdent. Tom n'est pas revenu me voir depuis...ce jour là.
Mais demain...demain je sors d'ici. Demain je vais chez lui, demain je meurs. Sauf que cette fois, je ne me raterai pas.
Comme je m'y attendais, Tom est revenu, cet après-midi.
- Ca va mieux ?
- Va te faire foutre.
- Je...
- Va te faire foutre, j'ai dit. Je prépare très bien mes affaires seule, tu reviendras me chercher demain.
- Mais...
- Fais ce que je t'ai dit.
Il soupire. A parce-que c'est moi qui suis le méchant, dans l'histoire ?
- Ecoutes. Tu n'es pas obligé de venir. Tu peux très bien aller dans l'orphelinat si tu préfère, mais c'est seulement ma condition pour que tu viennes habiter chez moi. A prendre ou à laisser. Maintenant, si tu prends, tu assumes. Il vaut mieux que l'on cohabite en paix, même dans une légère tension, que dans une situation ou l'un ne peut plus ouvrir la bouche sans que l'autre l'insulte. Alors, ou tu te calmes, ou direction l'orphelinat.
Il a raison, au fond. Je suis bête. C'est à mon tour de soupirer. Nous sommes impossibles exactement au même niveau, lui et moi. Ma vie avec lui promet d'être une expérience....spéciale.

